ORIENTATION PROFESSIONNELLE ET SCOLAIRE


ORIENTATION PROFESSIONNELLE ET SCOLAIRE
ORIENTATION PROFESSIONNELLE ET SCOLAIRE

L’orientation professionnelle pouvait encore être envisagée, avant la Seconde Guerre mondiale, sans liaison nécessaire avec l’orientation scolaire. Elle concernait essentiellement les adolescents quittant l’école élémentaire à la fin de la scolarité obligatoire pour aborder une formation professionnelle qu’ils pouvaient choisir entre plusieurs, toutes étant de niveau modeste. Les jeunes gens issus de milieux plus favorisés étaient orientés surtout selon les critères sociaux et leur famille n’éprouvait guère le besoin d’être aidée dans le choix de leurs études ou de leur profession. Les données du problème se sont profondément modifiées (et compliquées) au cours de la très rapide évolution technique, économique et sociale qui a suivi dans tous les pays la Seconde Guerre mondiale. D’une part, les progrès techniques ont entraîné une élévation générale de la qualification exigée de la plupart des personnes appelées à occuper des emplois de cadres ou de dirigeants, et cette qualification professionnelle ne peut s’acquérir qu’à partir d’une formation scolaire et universitaire d’une certaine durée et d’un certain type. D’autre part, la durée de la scolarité obligatoire et de la scolarité volontaire s’est allongée, et un début de démocratisation de l’enseignement a conduit des enfants d’origine sociale modeste à entreprendre des études longues; cette scolarité prolongée a été considérée tout naturellement comme un moyen d’accès à une profession déterminée. Au moins pour ces deux raisons complémentaires, l’orientation est devenue à la fois scolaire et professionnelle. Cette évolution s’est observée dans la plupart des pays, comme le notaient déjà les travaux préparatoires à la XXVIe Conférence internationale de l’instruction publique (1963) qui, d’abord centrés sur l’orientation «professionnelle», concluaient sur les remarques suivantes: «On s’est vite rendu compte que, de nos jours, l’orientation [professionnelle] n’était qu’une partie d’un concept plus large qui, sous le nom d’orientation (en anglais guidance ou counselling ), comprend l’orientation scolaire, l’aide personnelle aux élèves pour se guider dans la vie en général, l’information professionnelle et, finalement, les conseils relatifs au choix d’une profession.» Cet élargissement du concept d’orientation suscite parfois des ambiguïtés dans les analyses ou les discussions. On peut notamment parler d’orientation à des échelles différentes (répartition des flux scolaires nationaux vers les professions de différents niveaux ou facteurs déterminant les choix d’un individu ou d’une catégorie d’individus), ou à propos de procédures différentes (dispositions réglementaires régissant le passage d’un niveau de scolarité au suivant, aide psychologique individualisée et prolongée, etc.).

1. Les dimensions du problème

Dans tous les pays industrialisés, le problème de l’orientation comporte des aspects identiques qui peuvent donc être analysés en première approximation sans référence nationale particulière. Il est commode d’utiliser, pour cette analyse, le cadre des disciplines traditionnelles, même si l’orientation constitue un exemple typique de domaine interdisciplinaire.

Aspects techniques et économiques

L’élévation de la productivité tend à faire diminuer la durée de la vie de travail et contribue ainsi à rendre possible une élévation de la durée moyenne de la scolarité, au cours de laquelle apparaissent alors des problèmes d’orientation qu’une scolarité plus courte ne posait pas. L’élévation du produit national par tête augmente le nombre des familles pouvant envisager pour leurs enfants des études plus longues, entre lesquelles elles sont amenées à faire un choix. Ces facteurs économiques rendant possible une prolongation de la scolarité coïncident (au moins actuellement) avec un accroissement des besoins en personnel qualifié, besoins qui constituent, dans bien des pays, un goulet d’étranglement pour le développement économique. L’harmonie globale entre les possibilités et les besoins de qualification dissimule cependant une grande incertitude quant à la nature de la qualification requise, incertitude qui affecte directement l’orientation.

Le développement technique et économique s’accompagne en effet d’un changement dans la structure de la population active, c’est-à-dire dans la structure des débouchés professionnels de la scolarité. Ces changements sont provoqués par le fait que les progrès techniques suscitent des accroissements de production très différents selon les secteurs: ces accroissements sont plus rapides dans le secteur industriel (secondaire) que dans le secteur agricole (primaire), et plus rapides dans celui-ci que dans le secteur des services (tertiaire). Comme la consommation ne peut se modifier sur le même modèle, il en résulte que les débouchés professionnels se ferment dans certains secteurs (agriculture, par exemple) et s’ouvrent dans d’autres (tertiaire). Si des prévisions très globales sont possibles au sujet de ces changements, elles sont beaucoup plus difficiles, voire impossibles, à une échelle plus fine. L’orientation d’un adolescent ne peut plus se faire vers un emploi qu’il conservera sa vie durant. La nature de son activité professionnelle est appelée à se modifier très largement dans le cours de son existence. La meilleure orientation scolaire sera donc celle qui lui fournira les moyens les plus sûrs de s’adapter à ce changement, c’est-à-dire d’acquérir dans le cours d’une formation dite «continue» ou «récurrente» des éléments nouveaux de qualification dont la nature est imprévisible au moment de sa première scolarité. D’où une évolution de la notion de qualification, qui a été étudiée par les sociologues du travail.

Aspects sociologiques

L’introduction dans l’industrie de machines ou d’ensembles de machines automatisés, capables de régler leur fonctionnement en fonction des besoins de la chaîne de fabrication, a profondément modifié la notion de qualification et par là l’orientation vers les nombreux emplois de ce secteur. La qualification ne repose plus sur la lente acquisition des «tours de main» ou du «coup d’œil», fruits d’une longue pratique. Elle consiste à savoir prélever des informations sur des tableaux et agir de façon opportune sur des commandes, à savoir lire des tables numériques ou utiliser des abaques, à savoir exercer une tâche de surveillance portant sur des signaux, etc. Dans tous les cas, elle exige une formation spécialisée moins longue mais, par contre, une formation générale d’un niveau plus élevé, formation qui facilite le transfert d’un emploi à un autre, l’acquisition de qualifications différentes. Le facteur le plus important de l’orientation est alors le niveau de cette formation générale ou d’une formation portant sur une spécialisation large. La formation de base requise par des emplois d’un certain niveau ne peut s’acquérir par la pratique des activités de qualification inférieure. Elle dépend essentiellement de la durée et de la nature de la scolarité initiale ou des enseignements suivis par l’adulte en dehors de son temps de travail.

Il en résulte notamment que l’égalité des chances devant l’orientation passe par l’égalité des chances devant l’éducation. À l’heure actuelle, des inégalités subsistent dans ce domaine, dans tous les pays pour lesquels les statistiques ont été réalisées et publiées. Partout, les enfants issus des catégories socio-professionnelles les moins favorisées ont moins de chances d’entreprendre des études longues, d’accéder à l’Université et d’y réussir. Les causes de ces inégalités sont nombreuses et complexes. Elles tiennent pour une part à des difficultés financières, bien que l’importance de ce facteur tende à s’atténuer. Elles tiennent aussi à des différences d’attitudes à l’égard de la scolarité et de la vie professionnelle, à des différences d’information sur le marché du travail. Les milieux familiaux les moins cultivés offrent évidemment des conditions moins favorables au développement intellectuel des enfants. Partout où ils existent, les services d’orientation s’efforcent de pallier ces inégalités.

Aspects psychopédagogiques

Les voies entre lesquelles l’orientation scolaire s’effectue sont tracées par les structures scolaires. Ces structures tendent à évoluer de façon cohérente dans différents pays. Elles se présentaient souvent, dans le passé, comme une série de voies parallèles dont certaines étaient beaucoup plus courtes que d’autres et interdisaient pratiquement l’accès à l’Université. Le passage d’une filière courte à une autre plus longue était très difficile. L’évolution s’est faite en général vers des structures comprenant d’abord une voie unique plus ou moins longue débouchant sur des filières distinctes entre lesquelles des possibilités de passage sont maintenues aussi longtemps que possible. Cette évolution modifie de façon importante les données du problème de l’orientation. Une orientation scolaire précoce est en effet placée sous la dépendance étroite de l’origine socio-économique de l’enfant à qui aucune chance n’est alors donnée de compenser un éventuel handicap culturel. Cette orientation précoce, par contre, ignore nécessairement les particularités concernant les aptitudes de chaque enfant. Certains travaux de psychologie tendent à montrer, en effet, que la différenciation des aptitudes ne s’effectue de façon sensible qu’entre dix et quinze ans. L’école moyenne unifiée, qui apparaît dans différents systèmes scolaires européens, constitue donc un cadre plus favorable à une orientation équitable et justifiée.

Le choix des programmes scolaires est une autre donnée importante en matière d’orientation. Il importerait beaucoup que soient mieux définis les éléments de formation générale pouvant faciliter l’acquisition ultérieure de formations plus spécialisées à finalité professionnelle. Il importerait également que les exigences scolaires tiennent davantage compte de ce que l’on sait maintenant du développement intellectuel de l’enfant. Une anticipation des programmes sur les possibilités généralement observées chez les enfants, par exemple en ce qui concerne l’accès à la pensée formelle (J. Piaget), peut susciter des échecs, des redoublements, affectant plus souvent les enfants qui sont élevés dans des conditions culturelles moins favorables.

Dans le fonctionnement de l’orientation scolaire, les appréciations individuelles portées par les enseignants jouent partout un rôle important et parfois même exclusif. De nombreux travaux expérimentaux «docimologiques» (H. Piéron) ont mis en évidence certaines faiblesses des procédures habituelles de notation ou d’examen. Lorsque les mêmes travaux scolaires sont appréciés par plusieurs enseignants, de larges différences apparaissent entre les moyennes des notes attribuées par chacun d’eux; de plus, la même réponse fournie par l’élève peut parfois être évaluée de façon différente. Ces notes ainsi attribuées renseignent peu sur l’avenir de l’élève, lorsqu’on les compare aux résultats scolaires ultérieurs. La difficulté réside ici, en particulier, dans l’absence d’échelles de référence qui soient communes à des enseignants différents. En effet, le niveau moyen des classes varie de façon considérable, lorsqu’on l’estime à l’aide d’épreuves objectives, et offre par conséquent une base d’évaluation qui varie d’un enseignant à un autre. De plus, les buts de l’éducation en chacun de ses niveaux ne sont pas définis de façon suffisamment explicite pour que l’accord puisse se faire sur l’importance de telle ou telle acquisition, de telle ou telle lacune.

Les enseignants sont certainement appelés à jouer un rôle important en matière d’orientation. Il serait souhaitable qu’ils soient mieux préparés à ce rôle par une formation psychologique portant sur le développement de l’enfant et sur les techniques d’observation. Ils devraient aussi recevoir des informations sur l’évolution des débouchés professionnels de leur enseignement. Par exemple, une conception erronée de ce que sont aujourd’hui les formations techniques est malheureusement fréquente. Mais on en vient alors à se demander si les enseignants peuvent assumer seuls l’orientation de leurs élèves. Dans plusieurs pays, celle-ci est confiée à une équipe éducative au sein de laquelle des psychologues spécialistes de l’orientation collaborent avec les enseignants.

2. Institutions et méthodes

Le cadre institutionnel

L’école constitue partout le cadre institutionnel au sein duquel l’orientation s’effectue. Dans certains cas, il n’existe pas d’organisation éducative spécialisée dans l’orientation. C’est ainsi qu’en U.R.S.S. les élèves, informés des débouchés régionaux dans le cours de leur scolarité secondaire, se présentaient aux concours d’entrée dans les établissements d’enseignement supérieur, le nombre de places mises au concours étant fonction des besoins définis par le Plan. Dans d’autres cas, des éducateurs partiellement spécialisés dans les problèmes d’orientation font partie intégrante des établissements d’enseignement. On peut citer par exemple les professeurs-conseillers qui dispensent des informations professionnelles aux élèves de l’«école de base» suédoise. Enfin, dans d’autres pays, il existe des organismes complètement spécialisés: Centres psycho-médico-sociaux et Centres d’orientation en Belgique, Centres d’information et d’orientation en France, Youth Employment Service et Child Guidance Clinics en Grande-Bretagne, etc.

Dans les pays où de tels organismes existent (et leur nombre croît), leur vocation est variable d’un pays à l’autre, ou d’une catégorie d’organismes à l’autre au sein du même pays, sans que l’on puisse toujours faire des distinctions tranchées. L’aide psychopédagogique offerte en cours de scolarité aux élèves restant dans les limites (imprécises) des cas «normaux» peut être confiée à un groupe de spécialistes qui participent à l’orientation scolaire. Les cas sortant manifestement de la normale peuvent être dirigés vers d’autres organismes, plus médicaux. Le rôle respectif des médecins (le plus souvent des psychiatres) et des psychologues dans les «cliniques» de ce type est parfois difficile à définir. L’orientation de certaines catégories de handicapés peut être confiée à des conseillers d’orientation spécialisés: c’est le cas à Paris pour les diminués physiques gravement atteints ou pour ces handicapés sociaux que sont les jeunes ayant été traduits devant les tribunaux pour enfants. D’autres organismes encore sont surtout chargés de fournir des informations et des conseils professionnels aux jeunes en fin de scolarité ou aux adultes. C’est notamment le cas des services d’orientation en république fédérale d’Allemagne. Certaines de ces spécialisations (notamment celles qui distinguent des services de psychologie et d’orientation scolaires d’autres services d’orientation professionnelle ) ne sont pas compatibles avec le principe suivant lequel toute l’orientation est un processus unitaire dont les aspects scolaires et professionnels sont étroitement solidaires, parce que ces différents aspects de l’orientation ne font que traduire sous des formes différentes l’unité de la personnalité de l’enfant devenant adulte. Ce principe tend à prévaloir, et suscite certaines mesures de réorganisation, de regroupement. Par exemple, en France, l’orientation «professionnelle» est devenue, en 1959, «scolaire et professionnelle».

Ces mesures ne peuvent négliger l’extrême diversité des problèmes que regroupe une orientation comprise au sens large, diversité qui rend sans doute nécessaire une certaine spécialisation des personnes, sinon des organismes. Mais elles se heurtent surtout à des obstacles tenant à la diversité – et parfois à la rivalité – des administrations qui gèrent les différents organismes existants. Dans plusieurs pays d’Europe, trois ministères différents ont des responsabilités dans l’orientation comprise au sens large, et les exercent par le moyen d’organismes qui leur sont propres: celui de l’Éducation, celui du Travail et celui de la Santé. L’unité fondamentale des problèmes individuels reste cependant une réalité qui impose au moins une collaboration entre organismes distincts. Cette collaboration est particulièrement étroite, dans certains pays comme la France ou la Belgique, entre les différents membres de l’équipe éducative à laquelle l’orientation des élèves est confiée au niveau de l’enseignement secondaire: les enseignants, le conseiller-psychologue, le médecin et parfois l’assistante sociale. Elle a pour objectifs d’apporter à l’enfant toutes les informations nécessaires sur l’organisation de l’éducation, du marché du travail, et aussi sur lui-même; de l’aider psychologiquement à intégrer ces informations en une vision cohérente et fondée de ses aspirations et des moyens à mettre en œuvre pour les réaliser.

Rôle de l’information

On reconnaît partout l’importance considérable qui s’attache à la diffusion d’informations précises sur l’organisation de l’enseignement et sur les professions. Recueillir ces informations et les élaborer en vue de leur diffusion constitue déjà une tâche considérable qui est confiée à des organismes spécialisés (par exemple, en France, l’Office national d’information sur l’enseignement et les professions, qui est un organisme interministériel; en Suède, une section spéciale de la Sous-Direction de l’orientation professionnelle à la Direction nationale de l’emploi, etc.).

L’information ainsi recueillie peut être diffusée sous des formes et par des voies diverses. Le grand public peut être atteint directement par les mass media, notamment par des émissions de télévision. Une documentation sur les issues scolaires et professionnelles s’ouvrant à tel ou tel niveau de scolarité peut être distribuée de façon systématique à tous les élèves de ce niveau. Cette diffusion générale joue certainement un rôle utile, notamment un rôle de «sensibilisation»: les élèves et leur famille prennent ainsi conscience qu’il est nécessaire de s’informer d’une façon précise et personnalisée.

L’organisation par l’école d’un véritable enseignement sur ce sujet facilite considérablement cet effort. Un tel enseignement est pratiqué dans de nombreux pays, particulièrement dans les classes groupant les élèves qui se préparent à quitter l’école à la fin de la scolarité obligatoire et vers la fin de l’enseignement secondaire. Cette diffusion d’information peut utiliser des méthodes diverses: causeries illustrées de films, organisation d’une documentation ou d’une exposition sur les débouchés locaux; étude collective approfondie d’une profession; discussion des élèves en groupes, visites d’écoles ou d’entreprises, voyages de fin d’études, stage dans des entreprises. Une méthode d’avant-garde expérimentée aux États-Unis consiste à mettre à la disposition des élèves ou des étudiants un ordinateur programmé de façon à pouvoir répondre à leurs demandes individuelles d’information en tenant compte de certaines des caractéristiques individuelles du demandeur (notamment de ses résultats scolaires ou de ses tests psychologiques). Dans ce cas, les exigences de la programmation mettent bien en évidence un aspect essentiel: le processus d’information aboutit nécessairement, à son terme, à une information individualisée. Il est en effet tout à fait impossible de fournir toutes les informations disponibles à tous les élèves: le volume de ces informations est tel qu’un choix s’impose. Le problème difficile que pose ce choix ne peut être résolu en adoptant simplement pour règle de se borner à répondre aux questions des intéressés: on ne peut questionner que sur ce dont on connaît au moins l’existence. Le choix des informations susceptibles de convenir à un élève ou à un jeune travailleur ne peut être fait qu’en fonction d’une certaine connaissance de ses aspirations, de ses possibilités. L’information permettant de découvrir certaines perspectives et de mettre en garde contre certaines illusions peut constituer, en retour, une intervention de type psychologique. Pour ces raisons, il paraît souhaitable que l’information individualisée soit confiée à un personnel ayant reçu une formation psychologique. C’est ce qui se fait notamment dans les Centres d’information et d’orientation français.

L’aide psychologique

La méthode d’intervention psychologique à laquelle on pense d’abord, dans le domaine de l’orientation, est l’emploi de tests. On les utilise en effet à peu près dans tous les pays, à des degrés divers. Dans certains pays, ils ne sont employés que pour les cas difficiles. En Grande-Bretagne, ce sont des psychologues travaillant dans les services de psychologie scolaire, ou de guidance , qui prennent en charge des jeunes présentant des handicaps scolaires ou des problèmes affectifs. Dans d’autres pays, comme la Belgique ou la France, les tests sont employés de façon plus systématique. Certains sont des épreuves de connaissances scolaires qui présentent sur les notations traditionnelles l’avantage d’être «étalonnées» sur plusieurs centaines ou plusieurs milliers d’élèves représentant la population générale d’un niveau scolaire et de permettre ainsi des évaluations individuelles indépendantes du niveau moyen de la classe fréquentée. D’autres, étalonnés de la même façon, sont des épreuves d’intelligence, d’aptitudes ou d’intérêts ne faisant pas appel aux connaissances. Certes, le temps n’est plus où l’on pensait que les résultats obtenus dans une série de tests convenablement choisis suffisaient pour déterminer le métier particulier pour lequel un enfant avait les aptitudes les plus grandes. Mais l’intérêt des tests reste considérable en orientation. Ils permettent de situer les possibilités de l’enfant par rapport à la population, et cette indication, pour approximative qu’elle soit, n’en est pas moins précieuse pour évaluer les chances de succès dans telle carrière professionnelle envisagée. Ils fournissent une information sur des aptitudes ou des intérêts qui ne sont pas toujours apparus dans le cadre des enseignements scolaires. Toutes ces informations sont d’ailleurs fournies à l’intéressé lui-même et discutées avec lui, et c’est un lien de plus entre les procédures d’information et les procédures psychologiques.

Il convient cependant de souligner que le conseiller-psychologue ne se limite pas à appliquer des tests. Il a aussi, notamment, des entretiens multiples avec l’enfant ou l’adolescent. Au cours de ces entretiens, il est d’abord celui qui sait écouter, témoigner de l’intérêt et par là même faciliter à l’intéressé la prise de conscience de ses aspirations et de ses problèmes. Cette attitude «non directive» est parfois jugée suffisante par certains psychologues (surtout aux États-Unis et au Canada). Mais, dans beaucoup d’autres pays, elle n’est qu’un moment des relations entre le conseiller et l’adolescent. Le conseiller guide la conversation afin de mieux cerner les motivations de son interlocuteur. Enfin, il introduit des éléments d’information, qui, discutés, précisés, modifiés, aboutissent, s’il y a lieu, à un conseil.

Ces tests, ces entretiens viennent s’ajouter, dans le dossier psychologique, à des informations relatives à la scolarité de l’enfant, à sa famille, à son état de santé. L’ensemble de ces informations est discuté, interprété au cours de contacts entre le conseiller-psychologue et les enseignants, les parents, le médecin. Un tel effort de synthèse, prolongé pendant toute la scolarité, constitue le fondement de cette «orientation continue» ou «guidance» qui paraît être la forme vers laquelle évoluent les différentes pratiques de l’orientation.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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